Le retour du viager

Le viager, tout le monde (ou presque) en parle Jadis murmurée, la vente en viager est devenue de nos jours un sujet courant de conversation. De plus en plus de gens s’y intéressent. Elle présente des atouts, tant pour le vendeur que pour l’acquéreur. Longtemps considéré comme un segment peu relui...

Le viager, tout le monde (ou presque) en parle Jadis murmurée, la vente en viager est devenue de nos jours un sujet courant de conversation. De plus en plus de gens s’y intéressent. Elle présente des atouts, tant pour le vendeur que pour l’acquéreur. Longtemps considéré comme un segment peu reluisant de l’immobilier car il revient à miser sur l’espérance de vie du vendeur, le viager a pris de la graine au fil des années au point d’être devenu, aujourd’hui, un secteur qui se porte bien. De nos jours, il n’existe plus une agence qui ne possède pas de biens en viager dans son portefeuille. Certaines agences plus importantes, voire des réseaux d’agences, ont même créé en leur sein un département spécifique à la vente en viager. Chez Trevi, réseau qu’il n’est plus besoin de présenter, le département fut créé en 2011. Aujourd’hui dirigé par Daniel Domb et Jean-François van Maldeghem, il concerne une quarantaine de transactions par an. Cela reste marginal par rapport à l’ensemble du chiffre d’affaires généré sur l’année mais c’est beaucoup plus que lors du lancement du département il y a quatre ans. « Nous constatons un intérêt plus grand de la part des investisseurs mais aussi des vendeurs, intervient Daniel Domb, car le viager est une option intéressante dans le contexte d’aujourd’hui. » Trois raisons essentielles semblent diriger toujours plus de personnes vers le viager : la faible pension que le Belge perçoit une fois qu’il a mis un terme à sa carrière professionnelle, les charges qui ne cessent d’augmenter et les taux d’intérêt excessivement bas qui font que les dépôts en banque ne rapportent plus grand-chose. « Dans ce contexte, le viager est un complément idéal pour le vendeur car cela lui permet de maintenir son cadre de vie. Beaucoup l’ont compris, insiste Daniel Domb. Pour l’investisseur, c’est une manière de diversifier son patrimoine. » Dans les faits, il va sans dire que le viager présente bien des avantages. Primo, il permet d’acquérir un bien sans devoir dépenser des fortunes. Lors de l’achat, le montant à mobiliser est, en effet, inférieur à celui qu’on devrait débourser pour un achat « normal ». Deuxième avantage, qui découle du premier : on peut acheter sans devoir obligatoirement contracter un emprunt auprès d’une banque. Troisième « plus », mais qui ne concerne ici que le vendeur : on peut vendre tout en restant l’occupant de son bien. « Je vois encore un dernier gros avantage mais il est cette fois à mettre à l’actif de l’acheteur : au niveau des taxes, le précompte immobilier ainsi que la plupart des travaux sont à charge du vendeur, tient à préciser Daniel Domb. Dans le cas d’un viager occupé le bien ne doit pas être déclaré à l’imposition. » Chez Trevi, où l’on traite le viager dans toute la Belgique grâce à un réseau de 35 partenaires, le viager occupé constitue les 90 à 95 % des biens en portefeuille. Le restant concerne le viager dit « libre ». Il s’agit ici d’un bien vide – qui ne sera donc pas occupé par le vendeur – et dont l’acquéreur a la pleine propriété à la signature de l’acte même s’il ne paye pas la totalité du montant de la transaction. L’acquéreur paye les droits d’enregistrement et règle le solde sous forme de rentes et de bouquets. En général, la durée est fixée à 15 ou 20 ans mais d’autres délais sont possibles. Vu qu’on ne connaît pas au moment de l’achat le temps de vie qui reste au vendeur, le viager s’adresse en priorité à des acquéreurs qui ne sont pas pressés. « C’est un bon investissement dans le temps, idéal pour vos enfants par exemple, expose Daniel Domb. Ils seront à terme propriétaires de leur logement. » On allait oublier un autre avantage du viager pour l’acquéreur : il n’a pas de soucis à se faire quant à la gestion de son locataire puisque le vendeur occupe son bien et comme c’est celui dans lequel il vit depuis plusieurs années, il y a de fortes chances qu’il continuera à l’entretenir correctement. Concernant le type de biens qui sont mis en vente en viager, on aurait tort de croire qu’il ne s’agit que de petites maisons occupées par des personnes âgées. « Nous traitons en effet tous les types de biens, explique-t-on chez Trevi. Des petites maisons, mais aussi des flats, des maisons de maître, des chalets, voire des immeubles de rapport. » Daniel Domb et Jean-François van Maldeghem ont aujourd’hui une trentaine de biens en portefeuille. « En règle générale, il faut deux à trois mois pour conclure une affaire en viager. C’est un délai très intéressant qui prouve que le viager n’est plus un sujet tabou. Les notaires en parlent ouvertement aujourd’hui à leur client. Ce sont des acteurs très importants dans le relais de l’information. » Dernière précision : les démarches administratives nécessaires à la vente d’un bien en viager sont identiques à celles qui encadrent une vente classique : contrôle électrique, certificat PEB, prescriptions urbanistiques, etc. La patience qui est souvent de mise pour obtenir les documents nécessaires est donc la même. « Seules les conventions sont un peu plus complexes, conclut Daniel Domb. Je pense par exemple aux clauses résolutoires ou à celles concernant l’usufruit. » LeSoir.be 25/09/15

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